Benoît Cauvin

Tjokorda gde Rai

Bali copieNom : Tjokorda gde Rai

Age : 84 ans

Où : près d’Ubud à Bali, secteur Singapadu

Pratique : C’est un balian « usada ». La pratique est variée (1ère vidéo en bas de l’article « balians » Movie’s link). Si le corps semble fatigué et se déplace lentement, le regard du bonhomme reste vif et très réactif. Il utilise un mélange d’acupressure, de magnétisme, de plantes, de mantras et de rites (dont les actes « magiques » décrits par certains anthropologues). Il commence ses séances par une recherche du diagnostic en investiguant les points du crâne et des orteils qu’il stimule avec son stylet en bois (comme sur la photo). Un point anormalement douloureux indique l’organe qui est défaillant. Pour le reste, cela peut être très varié. Il dessine dans le vide des formes avec son stylet en récitant des prières ou des incantations mais toujours à voix basse pour ne pas que l’on comprenne, sans en rajouter. Il dessine également au marqueur à même la peau des formes évoquant certains esprits sur différentes régions du corps. Il est très fin observateur et les conseils de fin de séance qu’il donne ciblent parfaitement la personnalité du patient et ses failles, comme avec les deux australiennes. Les séances sont brèves mais intenses et pertinentes.

Comme tous ces thérapeutes expérimentés (par ex le dr Tenzin rencontré à Katmandou), il a déjà déterminé le problème simplement en regardant son patient, avant même de le toucher, en observant son visage, ses expressions, ses formes, ses reliefs, ses attitudes, ses paroles.

Rencontre : chez lui. Comme tous les praticiens balinais, les séances se font sur une paillasse posée sur le sol sous un des toits du temple de la maison. Ces temples sont magnifiques, en bois sculptés et richement ornementés. Les séances sont publiques (comme en Thaïlande avec le nuad boran) et qui veut peut regarder. Il n’y a pas d’intimité, de rapport privilégié patient-thérapeute comme en occident. L’acte de soin devient alors un acte banal, normal et complètement naturel. La vie de la maison suit son cours, les voisins passent déposer les légumes, les enfants jouent avec le chien pendant que la séance se déroule. C’est assez révélateur de la société balinaise où les liens sociaux sont forts.

Vous pouvez retrouver sa pratique dans l’article et la vidéo « balians » (1ère vidéo en bas de l’article)

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